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New festivals step in after Angoulême’s cancellation

New festivals step in after Angoulême’s cancellation

Beyond Angoulême, Comics Persist

Après Angoulême 2026 : un écosystème de festivals décentralisé et en pleine expansion

L’année 2026 restera dans les annales de la bande dessinée française comme celle où l’illustre Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême (FIBD) a été annulé, suscitant initialement une inquiétude quant à l’avenir du neuvième art dans l’Hexagone. Cependant, cette crise inattendue a été le catalyseur d’un phénomène de reconstruction et de diversification, révélant la vitalité d’un écosystème plus décentralisé, engagé et résilient. La scène de la BD s’est ainsi affirmée comme un territoire dynamique, porté par une multitude d’initiatives locales, régionales, et transnationales qui redéfinissent la manière dont cette culture est créée, diffusée et célébrée.


La réaction des territoires : une vague d’initiatives indépendantes et régionales

Face à la disparition du rendez-vous angoumoisin, c’est tout un réseau d’acteurs locaux — artistes, éditeurs, associations, collectivités — qui a pris l’initiative de maintenir et renforcer la dynamique de la bande dessinée. Ces efforts se traduisent par la naissance de festivals, plateformes, prix et événements, souvent portés par des communautés engagées, qui mettent en avant la diversité, la participation locale, et des voix souvent marginalisées.

Initiatives phares et nouvelles orientations

  • "Grand Off" : Créé par des artistes et amateurs, cet espace alternatif offre une vitrine aux talents émergents, notamment issus de la scène indépendante. Son objectif est de valoriser les créations régionales, d’expérimenter de nouveaux formats, et de bousculer les codes traditionnels des grands festivals. La plateforme a connu une croissance remarquable, attirant de plus en plus de jeunes créateurs cherchant à s’affirmer en dehors des circuits classiques.

  • Prix Tournesol 2026 : Organisé le 30 janvier à "Lieu Utile" près du Champ de Mars, ce prix met en lumière des œuvres engagées socialement, avec des récits innovants ou communautaires. En réponse à l’absence d’Angoulême, cette distinction a permis de mettre en avant des bandes dessinées qui résonnent avec les enjeux sociaux actuels, renforçant la dimension engagée du médium.

  • Fêtes de la BD : Entre le 28 janvier et le 1er février 2026, plusieurs festivals locaux ont coordonné leurs programmations pour occuper la même période que le FIBD, créant ainsi un véritable rythme culturel régional partagé. Des villes comme Lyon, Tournon-sur-Rhône, ou Amiens se sont transformées en centres régionaux de la BD, multipliant expositions, rencontres et ateliers pour maintenir l’intérêt du public et encourager la participation locale.

Des festivals et événements en réseau

  • "Girlxcott" : Collectif féministe et participatif, cette initiative organise des festivals littéraires et bd, en favorisant l’accès aux créatrices et créateurs issus de divers horizons. Leur "Rencontres Littéraires en Janvier 2026" ont permis d’offrir ateliers, tables rondes et espaces d’échange, illustrant la capacité de la scène communautaire à soutenir la vitalité et la diversité du secteur.

  • "48 Heures BD" : Manifestation emblématique réunissant des communautés françaises et belges en avril, cette initiative insiste sur l’engagement des publics, la création collective et la participation active. Construite par et pour ses participants, cette formule incarne la nouvelle dimension communautaire et inclusive de la scène bd, où proximité et co-création deviennent des valeurs fondamentales.

Une présence accrue dans la région

L’exemple d’Amiens illustre parfaitement cette dynamique décentralisée : avec le festival où Emil Ferris sera marraine en juin 2026, la scène régionale dépasse désormais Angoulême. Ferris, qui participe également à la réalisation de l’affiche et à des panels, incarne la présence d’invités internationaux et la volonté de faire rayonner la région comme un centre d’attraction pour la bande dessinée. Cette diversification géographique montre un recentrage territorial où chaque région cherche à s’affirmer comme un acteur incontournable du paysage français.


La scène éditoriale et créative : innovation, adaptation et diversification

Les éditeurs, artistes et créateurs ont su faire preuve d’ingéniosité face à la suspension du grand rendez-vous. Ils ont innové en renouvelant leurs formats et en explorant de nouveaux médias pour toucher un public plus large et diversifié.

  • "Blake et Mortimer" : Le classique de la BD s’adapte à l’ère numérique avec des contenus interactifs, vidéos et multimédias, permettant de faire découvrir ces héros intemporels à une nouvelle génération de lecteurs connectés. Cette stratégie numérique contribue à maintenir la popularité d’œuvres emblématiques tout en expérimentant de nouveaux formats.

  • "Karl" de Cyril Bonin, publié chez Sarbacane, illustre la tendance à réactualiser les genres et à expérimenter avec le support. La diffusion numérique et l’autopublication ont permis à de nombreux talents de s’affirmer en dehors des circuits traditionnels, renforçant la diversité des voix et la richesse de la scène créative.

  • L’essor de l’auto-édition et des petites maisons : Initiatives telles que Jean-Christophe Menu avec la relance de la collection 30/40, ou la multiplication des petites maisons indépendantes, témoignent d’un écosystème en pleine mutation, où la diversité des voix est enfin valorisée à tous les niveaux. Ces acteurs jouent un rôle clé dans la dynamique de renouvellement et de démocratisation du médium.

La renaissance des prix et distinctions

Les "Galons de la BD" 2026, en étant la sixième édition, illustrent cette tendance : 21 titres sélectionnés, souvent issus de la scène régionale ou indépendante, mettent en avant des œuvres innovantes, régionales et émergentes. Ces distinctions, souvent remises lors de festivals locaux, participent à l’émulation artistique locale et à la reconnaissance de nouveaux talents, favorisant un renouvellement générationnel.

Dernièrement, la distinction "Libr'à Nous" a aussi couronné Silent Jenny de Mathieu Bablet, publié chez Rue de Sèvres, dans la catégorie littérature jeunesse. Ce prix souligne la capacité de la scène à produire des œuvres à la fois innovantes et accessibles, renforçant la diversité et l’inclusion.


Événements et temps forts récents : une continuité dans la programmation

Plusieurs événements récents ont souligné la vitalité de la scène bd en 2026 :

  • "Le Trait et l'Esprit" à l'Institut de France (13-14 mars 2026) : Deux journées dédiées à la bande dessinée avec conférences, expositions et débats ont permis de renforcer la reconnaissance institutionnelle du médium. L’affiche de Harold Gaze a mis en valeur la richesse historique et culturelle de la BD en France et à l’étranger.

  • Tournées d’auteurs : La tournée d’Alberto Ponticelli pour la sortie de "Blatta" en février a traversé plusieurs villes, notamment Lyon, Paris et d’autres, renforçant la proximité entre créateurs et publics. Ces événements, souvent organisés par des acteurs locaux, illustrent la volonté de maintenir une dynamique de rencontre et d’échange.

  • La rentrée d’hiver 2026 des éditeurs européens : Avec des présentations en ligne et en physique, cette période témoigne d’une dynamique transnationale où circulation des œuvres et des auteurs s’intensifie, consolidant un réseau européen de la bande dessinée.


Perspectives institutionnelles, tensions et nouveaux formats

L’avenir de la scène BD s’inscrit dans un contexte de recomposition des acteurs institutionnels et de nouvelles visions pour la promotion du médium :

  • Festival hybride prévu pour 2027 à Angoulême : Ce projet ambitieux vise à fusionner formats physiques et numériques, avec des espaces participatifs favorisant l’inclusion, la diversité et l’interactivité. Bien que prometteur, ce modèle doit encore prouver sa viabilité face aux enjeux de gouvernance et de financement.

  • Conflits juridiques et gouvernance : La contestation menée par Frank Bondoux et la société 9e Art+ contre la gouvernance actuelle du FIBD met en lumière la nécessité de réformes structurelles pour que le festival reste au service de la communauté plutôt que de s’aligner uniquement sur des intérêts commerciaux. La recherche d’un modèle plus participatif, transparent et démocratique reste centrale.

  • Montée en puissance des festivals engagés : Initiatives telles que "On revendique nos droits" illustrent comment la BD devient un outil d’expression politique, sociale et militante. Ces festivals et manifestations mettent en avant les enjeux de justice sociale, d’inclusion et de défense des minorités, inscrivant la bande dessinée dans une démarche citoyenne et engagée.


Derniers développements : une scène plus ouverte et accessible que jamais

L’année 2026 voit également la consolidation de nouveaux festivals locaux et régionaux, comme Lanta, qui renforcent la dynamique de partage, d’accessibilité et de participation citoyenne. Selon Ladepeche.fr, le festival de Lanta se distingue par son entrée gratuite, sa volonté de soutenir les auteurs et le monde du livre, et sa philosophie de partage et de démocratisation de la BD. Ce type d’événement illustre parfaitement la nouvelle tendance : une BD accessible à tous, portée par la communauté.


En conclusion : une scène en pleine renaissance, plus ouverte et diversifiée que jamais

L’annulation d’Angoulême en 2026, loin d’être une fin, a révélé la force et la résilience du secteur. La scène s’est réorganisée autour d’un écosystème décentralisé, où chaque région, chaque collectif, chaque éditeur joue un rôle essentiel dans la construction d’un avenir plus inclusif, innovant et participatif.

Ce mouvement collectif montre que le futur des festivals de BD ne dépend plus d’un seul événement central, mais d’une palette d’initiatives locales, régionales et transnationales. La scène de la BD s’affirme comme un espace vivant, résilient, en constante évolution — un véritable mouvement collectif qui redéfinit la culture et la pratique du neuvième art, en France comme en Europe.


Les dernières éditions du prix "Galons de la BD" ont confirmé cette dynamique : 21 titres, souvent issus de la scène régionale ou indépendante, ont été distingués en 2026, illustrant la vitalité et la diversité de la création. La reconnaissance de Silent Jenny parmi ces lauréats témoigne de la richesse encore à venir.

En somme, cette année 2026 marque un tournant : la scène de la bande dessinée française, plus que jamais, s’ouvre à la diversité, à l’innovation et à l’engagement, annonçant une nouvelle ère où la richesse collective prime sur l’événement unique. La crise d’Angoulême a ainsi permis de révéler la force d’un mouvement collectif prêt à écrire un nouveau chapitre, où la participation, la proximité et la créativité seront au cœur du neuvième art.

Sources (6)
Updated Feb 24, 2026
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